Comment un traducteur professionnel travaille-t-il concrètement ?

Els Peleman • 23 januari 2025

Le travail du traducteur va bien au-delà de la simple traduction ; la traduction même n’est qu’une partie du métier. Le fait que les autres aspects sont tout aussi déterminants, voire cruciaux pour une bonne traduction, est un point que les non-initiés ignorent souvent. Dès lors, comment un traducteur professionnel procède-t-il lorsqu’il reçoit une demande de traduction ?

Analyse

Tout commence par l’analyse du document source : de quel format s’agit-il ?


Un fichier PDF converti en Word doit d’abord être analysé en détail afin de savoir si la conversion a été faite correctement. J’ai ainsi récemment reçu un rapport qui devait être traduit du français vers l’allemand et les mots français n’avaient plus d’accents. Le fichier converti était donc inutilisable pour la traduction.


Par ailleurs, un fichier Excel de menus de logiciels requiert une méthode de travail différente – et surtout des paramètres différents – qu’un fichier de site web multilingue au format CSV. Pour les logiciels, le nombre de caractères est particulièrement déterminant, alors que pour les traductions de sites web, les codes HTML doivent être filtrés.


Dans le cas de fichiers PowerPoint, il est important de vérifier s’ils comportent des notes et si elles doivent être traduites. Sans oublier les images : doivent-elles également être traduites dans un fichier Word séparé ?


Pour les simples fichiers Word, il faut aussi tenir compte de plusieurs éléments :


  • Y a-t-il des images ? Si oui, faut-il les traduire (traduction en-dessous de l’image en couleur) ?
  • S’agit-il d’un document modifié après traduction et qui doit être adapté ? Dans ce cas, les outils de traduction assistée par ordinateur tels que MemoQ et Trados permettent au traducteur de directement avoir une idée de la quantité de nouveaux mots à traduire.
  • Les parties à traduire sont-elles en couleur ? Dans ce cas, les macros permettent de faire une offre de prix correcte.

Remarque : les phrases doivent être complètes, contrairement à celles de la demande ci-dessus où les mots en jaune ne devaient plus être traduits.

 

Offre de prix

codes html

Après l’analyse, vous pouvez calculer le prix de la traduction. Pour les fichiers PDF, il faut généralement compter un supplément de 10%. 


Pour les fichiers de sites web, le prix dépend de la quantité de travail nécessaire pour filtrer les codes HTML. Une grande partie est effectuée automatiquement par l’outil de traduction, mais parfois il reste pas mal de choses à faire.

 

Enfin pour les fichiers InDesign au format IDML ou INDD, l’ajustement final du PDF traduit peut être fourni moyennant un léger supplément. Mon offre de prix détaillée indique ce que cela comprend. N’hésitez pas à la demander.

 

Traduction

Une fois l’offre de prix acceptée, la traduction peut commencer. Un traducteur professionnel travaille généralement avec un outil d’aide de traduction assistée par ordinateur. Personnellement, je préfère travailler avec MemoQ parce que cet outil offre le plus de possibilités et qu’il m’est le plus familier. Mais un traducteur qui a l’habitude de travailler avec Trados et en connaît toutes les fonctionnalités est tout aussi qualifié.

MemoQ et Trados sont deux TAOs.

Remarque : l’outil de traduction assistée par ordinateur ne se charge pas de la traduction – sauf si vous activez la fonction de traduction automatique (par exemple en utilisant le logiciel de traduction DeepLPro) –, mais assiste, comme son nom l’indique, le traducteur dans son travail. Le nom anglais CAT-tools (Computer Aided Translation Tools) l’exprime aussi clairement.

 

Cette « assistance » consiste donc à pouvoir traiter à peu près n’importe quel format de fichier (XML, INDD, IDML…), mais aussi certains paramètres tels que traduire ou non les notes dans PowerPoint ou faire la traduction dans une colonne séparée du fichier Excel multilingue, ou encore définir la limite de caractères à une cellule. Les possibilités sont infinies.


Vous avez une demande ou un projet de traduction spécifique ? N’hésitez pas à me contacter pour discuter des différentes possibilités. Grâce à une formation approfondie, je connais les dernières fonctionnalités des programmes et je trouverai sans aucun doute une solution pour votre fichier.


Un autre avantage majeur de la traduction assistée par ordinateur est que vous pouvez y lier des bases terminologiques comme IATE et – peut-être le plus important – qu’elle contribue à la « quality assurance » (QA) grâce aux fonctionnalités de contrôle de l’assurance qualité qui permettent de vérifier si :


  • la longueur de caractères définie n’a pas été dépassée
  • tous les codes HTML ont été retranscrits correctement N’y a-t-il pas une espace trop grande avant ou après les codes ? Les codes sont-ils dans le bon ordre ?
  • les nombres anglais ont été convertis à la norme néerlandaise (les virgules retranscrites en points et inversement)


Ces fonctionnalités ne sont que quelques exemples des différentes possibilités, mais elles sont indispensables pour une traduction de qualité. 

Relecture et révision

Des remarques d'un réviseur

Après la traduction, le traducteur doit toujours se relire. En effet, pendant la traduction, il adapte souvent des parties du texte et il se peut qu’il ait oublié de supprimer quelque chose après une modification, par exemple. Il doit également résoudre les éventuelles incohérences ou adapter les choix qu’il a faits ultérieurement au début de la traduction. S’il a modifié de nombreux termes et qu’il en a fait une liste, il existe des macros qui remplacent automatiquement les termes incorrects par les bons.


Après une relecture complète, il doit également vérifier l’orthographe et effectuer un contrôle QA avec les vérifications souhaitées.

 

Ensuite, il est préférable de faire relire la traduction par un second traducteur. Aucune traduction n’est livrée sans une révision externe.


Pourquoi ? Parce que je suis fermement convaincue que c’est une valeur ajoutée qui vaut largement son prix . Deux paires d’yeux valent mieux qu’une.  Le réviseur peut ainsi relever des petites erreurs omises pendant la traduction, voire améliorer la traduction. Il s’agit de mettre les point sur les i , comme on dit.

 

Lors de mes conférences et webinaires sur la révision, je dis toujours :

 

«  Si vous avez fait la traduction vous-même, elle est ancrée dans votre esprit. Il est très difficile de s’en détacher et de porter un regard critique dessus. Un second traducteur n’a pas ce problème et sera beaucoup plus neutre par rapport à votre texte que vous. »

Ainsi, je me souviendrai toujours d’une liste comprenant plusieurs fois le terme « plus élevé que » et, en tant que traductrice, je ne m’étais pas rendu compte qu’elle comportait une fois le terme « est égal à », mais mon réviseur bien. Voilà un bel exemple de valeur ajoutée.

Finalisation

 

Après la révision, le traducteur reçoit les corrections du réviseur et décide alors d’adapter sa traduction en fonction des choix justifiés ou non. Par exemple, si le traducteur a fait un choix éclairé et que la raison de ce choix a échappé au réviseur, alors le traducteur peut refuser la modification.


Un autre avantage du « Vier-Augen-Prinzip » ( la règle des deux hommes ), comme on l’appelle dans le jargon allemand, est qu’en tant que traducteur, vous pouvez discuter des dilemmes avec le réviseur. De cette façon, vous parviendrez ensemble à une meilleure traduction et éviterez les ambiguïtés et les erreurs.


Mais l’inverse peut également se produire : dans une nouvelle version d’un document de bord pour un mobilhome, le réviseur s’est aperçu que le carburant et le gaz pour cuisiner sont tous deux appelés « Flussigass » (gaz LPG) en allemand, ce qui peut créer des situations très graves. Nous avons de ce fait beaucoup discuté pour trouver une solution.


Lorsque toutes les modifications ont été faites et acceptées ou non, il faut encore faire quelques vérifications :

  • une dernière vérification orthographique
  • une vérification de la mise en page
  • une vérification des images : ont-elles toutes été traduites (si nécessaire) ?
  • une vérification des documents : ont-ils tous été traduits ?


Seulement après cela, la traduction peut être livrée.

Retours

De nombreux textes (sources) suscitent des questions, contiennent des passages confus ou des petites erreurs. Je partage toujours ces points lors de la livraison pour résoudre toute question et relever toute ambiguïté afin que la qualité du texte source soit également parfaite.


On dit souvent que le traducteur est la première personne à lire attentivement votre texte et c’est une valeur ajoutée importante soulignée par mes clients :

"Merci beaucoup pour votre lecture attentive ! "
 "Nous apprécions votre méticulosité. Nous faisons les modifications. Un grand merci."

Je reçois également des retours relatifs à la terminologie : par exemple, un de mes clients a décidé de modifier un certain terme pour les traductions futures. Un autre client souhaite désormais adopter l’écriture inclusive dans ses textes. Tous ces éléments sont importants pour les futures traductions.


Si vous avez des remarques personnelles concernant les traductions ou si un représentant, un client ou un fournisseur utilise un terme différent, n’hésitez pas à le communiquer.


Nous ne pouvons pas adapter notre traduction s’il nous manque des informations.


Petite note en bas de page : si vous modifiez quelque chose – comme soudainement adopter l’écriture inclusive – vous devrez peut-être revoir et adapter tout le texte, sinon ce sera un meli-mélo et certaines personnes (comme moi) trébucheront dessus.

Quelques précieux conseils

 

Sur la base de quelques récentes expériences, voici encore quelques points clés dont l’importance est souvent sous-estimée :


  • Faites toujours traduire le texte depuis la langue source  : la traduction d’une traduction est source de problèmes. Tous les traducteurs ne s’équivalent pas et si la première traduction est mauvaise, cela aura une répercussion sur les autres langues.
  • Livrez le fichier au format le plus adéquat possible  : si vous avez une brochure InDesign, il vaut mieux envoyer les fichiers IDML et PDF. Si la traduction est effectuée à partir d’un fichier PDF scanné, vérifiez d’abord si vous disposez également du fichier Word. Cela facilite la tâche du traducteur (et réduit les coûts).
  • Faites relire votre texte par une personne native , comme un client ou un représentant local. Ainsi, vous pouvez a) vous assurer de la qualité de la traduction – et que vous n’envoyez pas une traduction automatique dans le monde entier – et b) vérifier si la terminologie utilisée par le traducteur correspond au langage adopté dans votre entreprise.

 

Vous avez besoin d’une traduction vers le français, l’anglais, l’allemand ou le néerlandais ? Envoyez-nous votre texte par e-mail et nous nous chargeons du reste !

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